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2 méthodes pour lutter contre la chenille processionnaire du pin

Publié le 9 novembre 2017

Chenille processionnaire du pin

La chenille processionnaire du pin est en passe de coloniser la presque totalité du territoire Breton. Remontant du sud vers le nord à la faveur du changement climatique, cette espèce invasive constitue un véritable sujet de préoccupation.

Qu’est-ce que la chenille processionnaire du pin ?

La chenille processionnaire du pin est la larve d’un papillon de nuit, le Thaumetopoea pityocampa. Elle fait partie de l’ordre des Lépidoptères. Durant la fin du printemps jusqu’au début de l’automne, les papillons femelles déposent leurs œufs sur les aiguilles de pins. Ceux-ci éclosent au bout de cinq à six semaines pour livrer des chenilles qui mueront à cinq reprises. Arrivées au cinquième stade de la métamorphose, les chenilles tisseront un nid de soie où elles se regrouperont pour passer la journée et l’hiver. Les chenilles sortent la nuit pour s’alimenter des aiguilles de pins. Les nids sont facilement repérables sur vos pins, en bout des branches. Sous la conduite d’une femelle, la colonie quitte le nid et, en procession, gagne le sol où chaque chenille s’enfouira pour engager le processus de transformation en chrysalide. Chez nous en Bretagne, la période des processions démarre mi décembre pour ce terminé mi avril. Il peut s’écouler une ou plusieurs années avant que le papillon adulte n’émerge de la terre pour recommencer le cycle de reproduction. Le mâle meurt au bout d’un jour ou deux, la femelle quelques heures plus tard le temps de pondre.

Quels sont les dangers ?

Le danger provient de la toxine contenue par les soies urticantes de la chenille, elle met en danger les hommes, les animaux domestiques (chiens, chats, chevaux…) et le bétail. Cette larve possède en effet des poils urticants qui diffusent dans l’organisme une protéine toxique, la thaumétopoéine. Cette protéine provoque de fortes démangeaisons chez l’homme, accompagnée de boutons qui disparaissent au bout de deux ou trois jours. Parfois, la réaction va jusqu’à l’œdème. Dans certains cas, cette exposition peut conduire à un choc anaphylactique, une réaction allergique exacerbée nécessitant une hospitalisation.

De plus, sa vorace activité défoliatrice réduit la croissance et fragilise les forêts de pins et cèdres. Face à cette invasion, les élagueurs et les paysagistes se mobilisent.

Quelles méthodes pour lutter contre ces chenilles ?

Avec l’aide d’institut comme l’INRA et ses chercheurs qui tentent de mieux comprendre la dynamique des populations de processionnaires et de mesurer l’étendue des dégâts qu’elles provoquent. D’autre part, ils affinent les armes de la riposte : respectueuses de l’environnement, les méthodes qu’ils mettent au point permettent de se prémunir contre une infestation de chenilles en ville ou à la campagne et de prévenir leurs pullulations.

Il existe actuellement plusieurs méthodes pour contrer l’invasion et vous protéger des chenilles. Celles-ci peuvent être divisées en deux : les méthodes curatives et les méthodes préventives.

Méthodes curatives :

La méthode la plus évidente, consiste tout simplement à détruire manuellement les nids, et à incinérer les chenilles récoltées. Ceci n’est possible que pour des petites surfaces.

Pour les grandes surfaces, l’épandage de Bt est utilisé depuis plus de cinquante ans. Le Bt, Bacillus thuringiensis, est un microorganisme qui tue les chenilles de lépidoptères. Néanmoins, suite au Grenelle de l’Environnement, il est désormais interdit d’épandre le Bt par hélicoptère ou ULM, sauf dérogation préfectorale.

Grâce à des pièges diffusant des phéromones de synthèse imitant celle des femelles, on peut attirer et éliminer une part importante des mâles d’un terrain donné. Ceci réduira d’autant le nombre de fécondations, et donc de pontes et de nids de processionnaires.

Le moment de la procession est le moment idéal pour capturer toutes les chenilles d’un arbre. Il suffit d’y installer un piège à chenilles tout simple : une collerette entourant le tronc de l’arbre, percé d’un trou débouchant dans un sac plastique. Ces éco-pièges sont particulièrement recommandés pour les particuliers qui voient leur jardin infesté.

Contacter les entreprises d’élagage et du paysage proches de chez vous pour en parler et obtenir des devis.

Méthodes préventives :

L’une de ces méthodes consiste à poser, en ville ou en forêt, des nichoirs à mésanges. Ces gracieux oiseaux insectivores peuvent en une seule journée dévorer une quarantaine de chenilles, prélevées directement dans l’abri de soie.